samedi 3 octobre 2009

Bamako

Me voilà presqu'à mi-parcours et je profite de cet instant de calme pour rajouter une page à ce blog.
Je suis dans un quartier à l'est de Bamako, dans les bureau d'une ONG (GIP-BIO) travaillant sur la biodiversité au Mali. Sekou Touré, son directeur, va m'y héberger durant ma visite à la capitale malinne.
que dire depuis mon départ.
Que je n'ai pas eu une grande passion pour Dakar que j'ai quitté plus vite que prévu. J'en suis parti à minuit en poussant un bus qui refusait de démarer et qui me déposa 22 heures plus tard à 5 kilomètre de Kayes au mali. Je fini mon voyage sur une moto, fatigué par les demandes répétées de fouille et d'argent des douaniers maliens. Je regrettai mon voisin, chanteur de regee guinéen.
Kayes est la deuxième ville plus chaude en Afrique. J'y ai passé 6 jours formidables ou je suivais une équipe de journaliste dans une école corranique, manger du fognio sur la terrasse de Moussa Dao, un type à l'énergie incroyable, bu un café avec Tiécoura Traoré avec qui je vais sans doute travailler. Je me suis très vite senti familier à Kayes. Les choses étaient simples et je n'oubliais pas de si tôt un samedi soir dans une rue d'un quartier populaire, une centaine de gosses dansant joyeusement autour d'un DJ exubérant. Ni cette place, devant la gare, ou je venais manger mon omelette le matin sur une table, sous un arbre en répondant aux multiples "ça va?.
Et puis le sourire de Foufana qui me vendait ma papaye quotienne et qui tous les jours, m'apprenait de nouveau mots Bambara.
Il y aussi eu ce train bondé pour Bamako ou je fini le voyage avec un gamin d'un ans ou 2 , endormi sur les bras.
Voilà. Je n'ai rien dit, rien raconté. disont que c'était pour moi. Pour ne pas oublier.

jeudi 27 août 2009

après noirlac, avant l'Afrique.



Mon dernier article faisait part de Noirlac, des Editions Lansman, des projets.
En cette veille de rentrée et après 3 mois de silence, je voulais faire un bilan.
Le Spectre Rouge à Noirlac fut une très belle représentation. Nous jouions dans le dortoir des Converts, un lieux magique à la charpente de poutres plusieurs fois centenaire.
C’est dans ce même lieu que nous avons plus présenté TAZ. Sur ce lien, vous pouvez voir une interview de ma pomme et quelques extraits du spectacle.
http://www.chermedia.com/2009/05/taz-zone-autonome-temporaire-aux-futurs-de-lecrit/
J’ai quitté ensuite le centre de la France pour rejoindre Dunkerque que j’ai passé une semaine passionnante à La Piscine, le Théâtre de l’Université du Littoral. C’est sur l’invitation d’Hervé Royer, le directeur du lieu, que j’ai adapté et mit en scène le polar de Mo Hyder « Tokyo ». Grey, une jeune Anglaise au passé tumultueux, quitte Londres et débarque à Tokyo à la recherche d’un vieux film dont l’existence est contestée. Ce film contiendrait les seules et uniques preuves que des atrocités ont été commises par les Japonais à Nankin en 1937. Dès lors, Grey mène l’enquête, mais son parcours est semé d’embûches car elle se retrouve seule dans une ville qui lui est totalement inconnue.
C’est en 5 jours et avec 4 comédien(ne)s formidables (Audrey Vincent, Bertrand Lobel, Didier Moraux, et Eléna Ezhilova ) que ce travail fut réalisé. C’est le genre d’aventure qui laisse un goût amer. En effet, C’est toujours trop court. Puis il est difficile laisser une équipe avec laquelle nous avons travaillé de façon intensive. Des liens assez forts se créés et c’est avec beaucoup d’émotions que nous nous sommes quitté. A l’heure ou j’écris ces lignes, je ne sais pas si Tokyo sera repris la saison prochaine. C’est mon plus grand souhait.
Je suis ensuite parti à Avignon, pour le festival. J’y étais invité par Emile Lansman pour participer à un débat au Théâtre des Dombs sur le théâtre Jeune Public. Enfin, je le rencontrais. Emile connaît tout le monde, il est abordable, toujours affable et jovial.
J’en profitais pour aller voir plusieurs spectacles au théâtre de La Manufacture dont un détonnant Ziggy Stardust de Renaud Cojo.
Depuis Trois mois, , Laurence Mauriaucourt, Agnès Delbarre et moi nous sommes lancé dans un nouveau projet autour de mon héros Damien, que l’on suit notamment dans Taklamakan et « de la dope du fric et des putes ».En effet, tous trois écrivons des histoires mettant en scène ce personnage afin de réaliser un feuilleton radiophonique. Damien étant « ma » création, j’ai le final-cut. Mais au bout de 6 épisodes, une cohérence commence à se faire. D’autres auteurs devraient nous rejoindre. Nous espérons enregistrer d’ici la fin de l’année.
Autre bonne nouvelle : Le Printemps Culturel à décidé de publier « de la dope du fric et des putes ». Le livre sortira lors d’une représentation à Valencienne dont la date n’a pas été encore fixée.
Mais pour l’instant, je prépare la rentrée sous le signe de l’Afrique puisque c’est là-bas que je vais partir le 22 septembre.

jeudi 9 avril 2009

aujourd'hui, jai signé un contrat !!


Je vous avais parlé la dernière fois de Taklamakan. J’ai reçu aujourd’hui le contrat des Editions Lansman. Les choses se précisent.
C’est le quatrième ouvrage que je publie.
Le premier fut « Même le dimanche » (un autre fait-divers). Il est sorti en 2002 aux Editions Le bruit des Autres. C’est une co-écriture. J’avais l’idée d’une trilogie, racontant sur plusieurs années les aventures de 2 jeunes (Juan et Damien) et de la rupture d’un couple (Henry et Laure). J’avais écrit les 2 premiers épisodes : Autour de Médé(e) et l’Ami(e). Pour finaliser cette histoire, j’avais demandé à Xavier Maurel de co-écrire avec moi. Il était alors conseillé littéraire à (la Métaphore), assistant de Daniel Mesguich, auteur et metteur en scène.
J’avais travaillé avec lui comme assistant sur l’adaptation théâtrale qu’il avait fait du Moine de Lewis. Nous nous étions très bien entendu même si je fus un assistant calamiteux.
L’exercice de co-écriture était difficile. Nous nous renvoyons régulièrement les textes, jouant au Ping-pong . Xavier est quelqu’un d’une grande culture et à beaucoup d’humour. Le travail fut donc long mais amusant. Il travail aujourd’hui au Conservatoire de Paris.
Jean-Louis Escarfail, l’éditeur, m’annonça la publication, un soir de Salon du livre, au Caf é Flores. La grande classe, non !
J’ai reçu le carton de livre le jour de la première représentation. J’étais très heureux. Jamais je n’avais imaginé qu’un jour, je ferai un livre. Ce spectacle fut le plus grand souvenir de théâtre pour moi. Une vraie aventure humaine. Je vais citer tout ceux qui ont fait parti de cette aventure. Les acteurs : Juan Conchillo, Cédric Duhem, Nathalie Grenat, Damien Olivier : Lumière : Xavier Boyaud, Son : Arnaud Pouzin, Régie Générale : Rachid Kabouz, Costumes : Dominique Louis.
Ma seconde publication est une autre histoire. Alors que je travaillais sur l’adaptation du roman d’Hervé Guibert « des aveugles », j’avais rencontré Pierre Outtérick. Aveugle, il m’avait parlé de ses sensations, de sa situation de handicapé, et du regard qu’il avait sur le monde. J’avais également travaillé dans un institut d’aveugles pour enfants et adolescents.
Mais Pierre Outtérick est aussi historien et a une maison d’édition, « Le Geai bleu ». Je m’en suis rappelé lorsque j’ai écrit Broutchoux, (et marchons sur la tête des rois !). A l’origine, je devais écrire le texte avec Roger Knobelpiess, ancien prisonnier qui avait combattu les QHS dans les années 1980 et ami de Jacques Mesrine. Mais après plusieurs rencontres, un premier travail qui s’appelait « une vie à contresens », il était évident que nous n’avions pas les mêmes préoccupations. J’ai donc écrit la vie de Broutchoux tout seul. Par contre, j’ai proposé à Pierre Outtérick de publier le texte et qu’il m’écrive une annexe historique. Ce livre est arrivé un jour de neige en février 2003 au 11/19, à Culture Commune. Et horreur ! Il y avait plein d’erreurs, de fautes. Tout le stock parti au pilon et l’édition définitive ne fut prête que 10 jours plus tard. C’est le livre qui s’est le plus vendu. Et le spectacle que j’ai le plus joué.
Le troisième était encore une co-écriture, avec cette fois-ci Jean-Pierre Levaray. Nous nous connaissions depuis longtemps mais ne nous étions jamais rencontré. Tous les deux écrivions des fanzines, des journaux indépendants parlant du rock et des cultures alternatives dans les années 80. Le sien était la Rolls du fanzine et s’appelait « On a faim ». Il venait d’écrire l’adaptation théâtrale de son roman « Les nuits en bleues ». Je lui demandais d’écrire avec moi une pièce dont le thème était « L’anarchie expliqué aux enfants ». Ce devait être également le titre de la pièce. Il m’a envoyé beaucoup de textes, que j’ai ensuite rendu théâtrale et inclues dans une histoire : Cela à donné NON (encore un fait-divers). Il était évident que ce titre devait sortir aux Editions Libertaires. Il me proposait un illustrateur : Laurent Melon. Nous ne nous connaissions pas. Son travail collait exactement avec l’esprit du texte. Ce fut une belle rencontre. Je lui ai proposé par la suite de travailler sur le Spectre Rouge. Depuis, je suis responsable de la collection Théâtre des Editions Libertaires. Je reçois les textes et décide de ceux qui seront publiés.
Voilà. J’ai donc signé aujourd’hui le contrat pour mon quatrième livre. Il sort le 15 mai. Maintenant, il me reste à découvrir qui il va me faire rencontrer. J’ai hâte !

samedi 21 mars 2009

on a joué à Petite-forêt!

Ce fut une journée mémorable. Comme je l'ai expliqué lors d'un précédent message, toute l'équipe se retrouvait. Il y a avait de la tension et malgré l'acceuil formidable le la salle Barbara, l'attention permanente de l'équipe qui la compose, il nous aura manqué 2 heures pour proposer aux 180 jeunes venu voir le spectacles tel qu'il aurait du être. Nous étions triste après la représentation,. Nous n'avions pas été à la hauteur. Beaucoup de pression, de la fatigue, nous nous sommes retrouvé à 14h30 sans avoir eu le temps de répéter. Inutile de vous préciser que c'est ce que nous avons fait juste après le départ du dernier spectateur. Et la représentation du soir fur beaucoup plus conforme au spectacle que nous avions créer à avion.
En tout cas, j' ai hâte de rencontrer tous ces jeunes pour que je leur parle de notre métier, celui de faire du spectacle vivant. Il faudra que je leur dise que c'est un métier formidable. Que ce jour là, nous avons de notre mieux mais que nous n'avons pas pu arrêter le temps. Il faudra que je leur raconte tout ça!
Mercredi prochain, nous reprenons le spectacle pour 4 jours à la Verrière, à Lille.Tous les soirs également, avec Junior Cony, j'interpréterai "de la dope, du fric et des putes". C'est un polar musical. J'aime bien cette lecture. Le texte a été travaillé de façon particulière. J'en avais écrit une première version. Lorsque je l'ai présenté à Junior Cony, il a commencé à composer. Je remaniais alors le texte pour qu'il s'adapte soi à la rythmique, soit au phrasé musical. Il a donc régulièrement évolué ce qu'il lui donne aujourd'hui une légèreté qu'il n'avait pas au début. Fait de phrases courtes, il est très incisif.
Ce spectacle est beaucoup plus proche du concert que du théâtre.
Lundi, avec la Vache Bleue et son directeur artistique Jean-christophe Viseux, nous animons au CUEEP de Tourcoing un atelier de théâtre . Les participants sont formidable. Il faudra un jour que je parle plus longuement de ces ateliers.
Il m'arrive parfois de me dire que c'est peut-être la que je suis le plus utile.

jeudi 19 mars 2009

takla-makan


C’est le nom du désert qui occupe une bonne partie de l’Ouest de la Chine.

En Septembre 2006, Patrice Douchet, du théâtre de la Tête Noire de Saran, me proposait ainsi qu’à 5 autres auteurs (Carole Thibaud, Karin Serre, Gilles Granouillet, William Pellier, Philippe Aufort) de « partie en écriture », c'est-à-dire quelque part dans le monde et d’en revenir avec un texte théâtral.

Je suis donc parti de Moscou et rejoignais Pékin par le transsibérien (Le Transmanchourien pour être plus exact), puis je traversais la chine en train et en bus jusqu'à Kachgar, en pays Ouighour, à l’extrême Ouest de la chine. Le voyage dura 6 semaines durant lesquelles je prenais des notes, écrivais quelques scènes. Tout ce que j’écrivais était désordonné et je ne savais pas trop ce que je ferais avec à mon retour en France.

Trois mois plus tard, je finalisais « Takla-makan, le désert d’où on ne revient pas ».

C’est l’histoire de Damien, un jeune un peu paumé, qui suite au gain d’une forte somme d’argent, décide de rejoindre Pékin par le train. Le hasard lui fait partager le même compartiment avec un vieil homme taciturne nommé Martin et qui se dit être Roi du royaume Autonome de Providence. Il part rejoindre un village merveilleux en plein désert.

Il va naître entre eux une amitié particulière.

Je voulais écrire un Road-Movie.

Je voulais mettre en scène les héros de ma mythologie. En effet, Damien est un personnage récurant que j’ai utilisé dans plusieurs pièces.

Je voulais écrire sur la liberté, sur sa recherche, sur la difficulté de la vivre.

Je voulais écrire un témoignage humoristique sur le voyage, sur la découverte de territoires nouveaux.

Ce texte a été lu à Saran, à Strasbourg, à Avignon, à Paris au Théâtre du Rond-point ainsi qu’au Théâtre de l’Est Parisien.

Il continu à circuler dans des comités de lecture et je suis régulièrement invité à des rencontres. C’est toujours agréable.

Avant-hier, j’ai eu la surprise d’apprendre qu’avec ce texte, j’étais lauréat de L’inédiThéâtre. Ce Prix est décerné par les élèves de lycée et organisé par le Théâtre de l’Est Parisien en partenariat avec Postures, la Drac Ile de France, le Rectorat de Paris. Le texte sera prochainement publié aux Editions Lansmann. J'espère que ce texte sera bientôt mis en scène.

Je travaille actuellement sur la suite qui se déroulera sur un autre continent. Pour l’instant, je ne peux en dire plus….

D'autres textes dont Damien est le héros existent. Je vous en reparlerai plus tard, parce qu'aujourd'hui, nous sommes le19 mars et je vais défiler!

Et demain, on joue à Petite-Forêt!

vendredi 13 mars 2009

TAZ


TAZ
La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des « Utopies pirates » du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, « apparaissant-disparaissant » pour mieux échapper aux Arpenteurs de l’Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l’espace, le temps ou l’imaginaire, et se dissout dès lors qu’il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces « concédés » à la liberté : elle prend d’assaut, et retourne à l’invisible. Elle est une « insurrection » hors le Temps et l’Histoire, une tactique de la disparition. Le terme s’est répandu dans les milieux internationaux de la « cyber-culture », au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens. La TAZ ne peut exister qu’en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles « apparaissent » ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée.
C’est à partie de ce concept que j’anime un atelier d’écriture depuis la rentrée avec le Lycée Professionnel St Jean Baptiste de La Salle et du Réseau d’Echange de Savoir à Bourges. C’est la ville ou j’ai fait une grande partie de ma scolarité, du Lycée jusqu’au Beaux-Arts il y a 20 ans. C’est aussi à cette époque que j’ai rencontré Emmetrop, l’association qui m’a proposé de participer à cet atelier d’écriture dans le cadre des « futurs de l’écrit « de l’abbaye de Noirlac. C’est une opération qui regroupe tous les acteurs culturels du Cher, des musiciens, des auteurs, des plasticiens. Datant de 1100, c’est l’un des plus beaux ensembles monastiques de France. C’est aujourd’hui un lieu de rencontre et de résidence artistique. Quand à Emmetrop, c’est une longue histoire. Cette association doit avoir 25 ans. J’étais alors aux beaux-Arts, et régulièrement, cette association organisait des concerts. C’est ainsi que je découvrais les Bérurier Noir (dont Junior Cony, le musicien du Spectre Rouge, est issue.) les Garçon Boucher, tous les groupes de Boucherie Productions ou de Bondages Records. C’était aussi des radios, des fanzines, tous les graffeurs et plasticiens que regroupaient cette contre culture que l’on appelait le Mouvement Alternatif. C’était l’époque des manifestations étudiantes, Malik Oussékine tué par les pelotons Voltigeurs rue Monsieur le Prince. C’était en décembre 1986.Avec mon copain Jean, nous tentions d’être acteurs de ce mouvement. Nous animions une émission de radio, éditions un fanzine, organisions des concerts et jouions dans un groupe. Toute cette ouverture d’esprit, je l’ai découverte grâce à Emmetrop, à Erik et Fred. C’est toujours un plaisir de collaborer avec eux.
A Noirlac, J’y ai retrouvé Brigitte Patient (ancienne journaliste de France Inter) que j’avais connu à Saran, au Théâtre de la Tête Noire il y a deux ans. J’y fais aussi de belles rencontres (François Bon, un auteur dont j’admire le travail et Anne Boris du Réseau d’Echange). Je ne sais pas encore à quoi ressemblera la restitution final, mais les textes écrits par les participants sont souvent pertinents et certains élèves se révèlent actuellement. J’espère que Frédéric Baudimant, le musicien qui jouait avec moi sur Broutchoux (Et marchons sur la tête des rois !), pourra se joindre à moi pour les représentation du 29 et 30 mai. Le mercredi 18 mars, nous ferons une première lecture publique des textes dans la salle du « Bruit de Frigo », à Bourges, dans le quartier de Chancellerie.
Le lendemain, le jeudi 19, c’est grève ! Tout le monde dans la rue !
Et le 20 mars, on joue à Petite Forêt.

lundi 9 mars 2009

le 20 mars, on joue à Petite-Forêt!



Quand j’ai dit ça à Nathalie , la comédienne, elle était toute contente.

« Petite Forêt ! Ca a l’air joli ! » m’a-t-elle dit. Je lui ai dit que « oui » mais qu’elle risquait d’être déçu. Il y a ville plus forestière. Faut dire qu’elle habite a quelques kilomètres de la Sologne.

Le 20 mars, ce sera notre première date du « Printemps culturel ». Ce sera aussi notre première date de tournée. C’est toujours un peu angoissant. On a beau supposer avoir pensé à tout, il y a toujours des surprises lorsque que l’on quitte la salle ou le spectacle a été créé et qu’il commence à voyager.

Je dois aussi avouer que je suis content de retrouver l’équipe du spectacle. Nous nous sommes quitté le vendredi 23 janvier à minuit, après la représentation d’Avion. Cela fera 2 mois que nous n’auront pas joué le spectacle et nous ne pourrons répéter qu’une petite heure avant la représentation jeune publique de 14h30. C’est une situation très inconfortable, mais j’ai déjà connu pire !

Sur un précédent spectacle que j’avais créé (Non ! Encore un fait-divers !), nous jouions dans les alpes, à St Martin de Vésubie plus exactement. C’était la première date d’une tournée d’été et une reprise de rôle pour Marie-Pierre Feringue. Elle jouait plusieurs personnages. (Une mère acariâtre, une maîtresse d’école tyrannique, et une femme d’entreprise égoïste). Elle donc était toujours sur le plateau. Même si le spectacle n’était pas compliqué, c’était beaucoup de travail. Pour des raisons de planning, elle joua cette première représentation après seulement une journée de répétition que nous avions fait un mois et demi auparavant. Et elle fut formidable !

J’ai même vue pire encore. C’était lors des représentations de l’opéra de Verdi, Le Bal Masqué, mit en scène par Daniel Mesguich avec l’Orchestre National de Lille dirigé par Jean-Claude Casadessus. J’y étais figurant. A la fin de l’avant dernière représentation, le rôle principal, tenu par un ténor italien, se cassa la voix. C’est fini pour lui. Le lendemain, directement de Prague par avion, arrivait un ténor qui repris le rôle dans l’après midi. Xavier Maurel, assistant sur ce spectacle, joua alors un « double », déplaçant le chanteur selon les besoins de la mise en scène. Dominique Louis, la costumière, avait passé la nuit à réaliser de nouveaux costumes.

Ce genre de situation à, je crois, été vécu par toutes les équipes au moins une fois dans leur carrière. Cela fait finalement parti des souvenirs.

lundi 23 février 2009

lettre ouverte pour Véronique AA


Lettre ouverte pour Véronique AA
Pour commencer ce blog, je voulais juste balancer une lettre ouverte que m'avait demandé d'écrire Véronique AA.
Ce n'est pas son vrai nom.
Elle s'appelle bien Véronique mais AA, c'est un code.
La première fois que je l'ai rencontré, elle voulait que j'anime un atelier dans son école, un AA. (Atelier Artistique).
C'était il y a 5 ans.
On est resté ami et je trouve que Véronique AA, cela lui va bien.
Enfin, cela lui allait bien. Parce que depuis 5 ans, il s'est passé des choses...des changements...des réformes qu'ont dit...enfin des choses qui ne facilitent pas la vie.
Véronique AA fait aujourd'hui la tronche.
Véronique AA est dégoutée de vouloir faire de la culture dans les écoles, parce qu'on lui fait comprendre que cela ne sert à rien.
Véronique AA veut bien faire.
Véronique AA est enthousiaste, joyeuse et énergique.
Mais Véronique AA, c'est comme si on lui avait coupé les ailes.
Les "réformes", à force, ça plombe vraiment.
Alors, Véronique AA, je crois qu'elle va arrêter.


"C’est étrange d’être dans une société ou il devient nécessaire de justifier la présence de l’art à l’école. C‘est comme si on me demandait d’argumenter sur la nécessiter de donner à manger à enfants. C’est idiot, en dehors de toute réalité, et pourtant, c’est un exercice qu’il nous est souvent demandé.

Remettre en cause la présence d’artiste dans les établissements scolaire revient à mon sens à délibérément handicaper un jeune pour son avenir. Je ne sais plus qui disait que l’art aide à supporter la vie. A moins d’être sourd et aveugle, il ne me parait pas injustifié d’affirmer qu’aujourd’hui, tout ce qui peut aider les jeunes à affronter le monde n’est pas superflu.

Un artiste est une ouverture sur le monde. Loin de moi l’idée de penser que ce n’est pas le rôle des enseignants. Eux aussi participe à cette ouverture. Mais nous ne parlons pas de la même chose, ni de la même façon.

Le monde des artistes n’est pas lié par un programme, ni par une réforme, ni par un marché de l’emploie quand il y en a un, ni par les dogmes d’un ministre.

Nous sommes libres.

C’est notre seul point commun avec Nicolas Sarkozy qui déclarait, lors de la mise en place le 2 février du Conseil de la création artistique, qu’il préside d’ailleurs ;

« Ma parole est plus libre que celui qui produit et qui doit faire attention à ce qu’il dit (...). C’est donc à moi de donner un coup de pied dans la fourmilière, de bousculer les choses »

C’est une matière qui n’est guère enseigné que la liberté. Excepté notre spécialiste de président, ce n’est sans doute pas le manque de prof compétant, J’en connais plus d’un qui serait susceptible de parfaitement faire comprendre des notions tel que le libre arbitre, la désobéissance, la liberté de penser, la colère salvatrice la révolte féconde.

Mais cela n’a jamais été dans le programme.

Regarder, entendre où lire la beauté est facultatif, et faire parler son imaginaire n’est même plus une option.

Et si cela continue ainsi, c’est chez Acadomia que l’on formera des citoyens.

Je pense d’ailleurs que c’est le souhait profond d’une élite.

La formation d’un élève jusqu’au BAC coûte à l’état plus de 100 000 euros. Il est facile de voir ou faire des économies !

Un artiste dans un établissement scolaire, c’est une autre parole, une fenêtre différente sur le monde qui est proposé aux jeunes. Je ne dis pas qu’il est plus beau, plus intelligent, mais il est différent. Et ça aussi, c’est important d’approcher la différence ; celle de penser, d’agir, de réfléchir et d’aimer différemment.

Les différences, c’est une richesse.

Et ça, je l’ai appris il n’y a pas si longtemps, à l’école.

3 février 2009."